Centre Référé de Stomatologie et Dentisterie Vétérinaire

Anatomie appliquée

Écrit par Dr Girard |

a. La dent

Embryologie :


La dent a une origine double : ectodermique et mésodermique.

L’émail à une origine ectodermique.
Les autres parties de la dent et les mâchoires ont une origine ecto-mésenchymateuse.


Structure :


La dent est appelée odonte.

Elle est composée d’une couronne et de une ou plusieurs racines.
Les racines dentaires sont séparées de la couronne dentaire par un collet, appelé jonction cervicale ou jonction amélo-cémentaire.

Les parois de la couronne dentaire sont  constituées de dentine, véritable corps de la dent. La dentine est recouverte par une épaisseur protectrice d’émail.
Les parois de la racine dentaire sont aussi composée de dentine, et recouverte par le cément.

La dent est un organe clos. Ses parois délimitent une cavité appelée chambre pulpaire ou canal dentaire suivant sa localisation.
Cette cavité est comblée par le tissu pulpaire. Le tissu pulpaire est appelé endodonte.
Il est le véritable tissu nourricier de la dent. Il est intimement lié à la dentine et forme ce qui est appelé le complexe pulpo-dentinaire.

 

Email :


Tissu inerte,  acellulaire et fortement minéralisé (96%) qui recouvre uniquement la couronne dentaire.

L’émail est synthétisé par les cellules de l’épithélium adamantin interne au cours du développement de la couronne. Le développement de la couronne dentaire débute en partie intra osseuse, sous le niveau de la gencive. Le développement dentaire débute par la couronne et se poursuit par les racines dentaires.

L’épithélium adamantin perd sa propriété sécrétrice après l’éruption dentaire. Il se transforme alors en un épithélium de jonction. La conséquence clinique importante et donc que l’émail est unique et toute possibilité de réparation ultérieure ou de régénération sont impossible.

Les cristaux d’hydroxyapatite qui composent l’émail sont arrangés sous une forme prismatique spécifique qui lui confère toute sa structure mécanique. Cette spécificité  tissulaire explique la capacité de l’émail à supporter des contraintes importantes: mastication, préhension, dilacération et l’ensemble des agressions acides contenues dans le bol salivaire.

L’épaisseur de l’émail des carnivores domestiques est relativement faible : 1 à 2mm. Chez l’homme on reporte des valeurs allant de 2 à 4mm.

 

Dentine :


Tissu conjonctif minéralisé (70%) qui supporte l’émail et constitue le corps de la dent.

La dentine est structurée par une multitude de tubules, ou tubuli, qui lui confère une extrême  résilience. La souplesse ou l’élasticité de la dentine  est le complément fondamental de la  rigidité extrême de l’émail.

Chaque tubule dentinaire parcourt la totalité de la paroi de la dentine.
Un tubule dentinaire contient le prolongement d’une cellule odontoblaste. Les odontoblastes tapissent la surface interne de la paroi dentaire et sont donc parties prenantes de la pulpe dentaire.

Le prolongement d’un odontoblaste sécrète une trame de collagène appelée prédentine. Sa  minéralisation ultérieure sera nommée dentine. La dentine constituée avant l’éruption dentaire est appelée dentine primaire.

La dentinogénèse est active tout au long de la vie. La dentine qui est apposée contribue ainsi à l’épaississement des parois dentaires et au dans le même temps au rétrécissement de la cavité pulpaire. La dentine constituée pendant la vie de l’animal est appelée dentine secondaire.

Les variations de fluides au niveau d’un tubule dentinaire permettent le développement d’une information sensitive du prolongement cytoplasmique. La dentine permet donc le transfert d’informations associées aux processus inflammatoire éventuels de la pulpe dentaire.

Les odontoblastes sont stimulés par une information d’origine inflammatoire et amplifient la vitesse de la dentinogénèse. Cette nouvelle dentine est appelée dentine de réparation ou dentine tertiaire.

 

Pulpe dentaire :


Tissu conjonctif différentié, non minéralisé, qui remplie l’ensemble de la chambre pulpaire (cavité pulpaire au niveau de la couronne)  et du canal pulpaire (cavité pulpaire au niveau de la racine dentaire).

La pulpe est constituée par des vaisseaux sanguins, des vaisseaux lymphatiques, et de nombreuses terminaisons  nerveuses. Ces composants sont tous issus du péri apex radiculaire.

Les corps cellulaires des odontoblaste tapissent la périphérie de la pulpe dentaire et constituent en fait sa composante différenciée.

Le complexe pulpo-dentinaire garantie l’adaptation physiologique de la dent aux différentes contraintes inflammatoires rencontrées :  mécaniques, infectieuses, thermiques et chimiques.

Même s’il existe une distinction anatomique précise entre la dentine et la pulpe dentaire, elles ne forment qu’une seule entité d’un point de vue embryologique, histologique et fonctionnel et doivent être considérées comme un seul et même complexe.

 

Cément :


Tissu conjonctif minéralisé avasculaire qui  recouvre la racine dentaire.
Le cément ne fait pas partie littéralement de la dent mais plutôt du parodonte.

La synthèse et le renouvellement du cément sont réalisés par les cémentoblastes.

On distingue deux types tissulaires distincts : le cément cellulaire et le cément acellulaire.

Le cément acellulaire est plus cervical. D’un point de vue fonctionnel il assure l’ancrage osseux de la dent au travers de l’insertion des fibres du ligament parodontal.

Le cément cellulaire est plus apical. Il a un rôle fonctionnel dynamique qui permet une bonne  adaptation de la dent aux contraintes mécaniques qui sont transmises par le ligament parodontal. Les cémentoblastes qui sont inclus dans la trame minéralisée au cours de son développement sont appelés cémentocytes.

Le cément est minéralisé à hauteur de 50% sous la forme de cristaux d’hydroxyapatite.

 

Anatomie du canal dentaire :


Le développement de la racine dentaire commence avant l’éruption dentaire.
Par contre il n’est pas complet au moment de l’égression et se prolonge donc après. Au moment de l’égression dentaire la ou les racines ont atteint environ les deux tiers de leur longueur.
L’apex de la dent n’est donc pas encore formé au moment de l’éruption dentaire. Le tissu pulpaire est alors largement relié au système vasculaire périapical.

L’apex radiculaire se forme vers 8 à 12 mois chez les carnivores domestiques, en fonction de l’espèce, de la race et de la dent considérés: il est alors dit « fermé ».
Leur étude microscopique montre des différences significatives avec celles réalisées chez l’homme :
La pulpe dentaire se différencie à l’approche de l’apex en une multitude de ramifications qui se prolongent au travers de canalicules dentino-cémentaire de quelques dizaines de microns de diamètres et majoritairement orientés sous forme d’un delta.
Il n’existe donc pas de foramen principal chez le chien et le chat mais un  delta apical s’étend en moyenne sur 1 et 3 millimètres.

Il existe un seul canal dentaire par racine dentaire chez les carnivores domestiques et ce contrairement à l’homme.

Des canaux latéraux sont présents en différentes parties du système canalaire et s’expliquent par une discontinuité de la genèse radiculaire.
Ils constituent une deuxième voie de continuité vasculaire avec le parodonte environnent.
La grande majorité de ces canaux émergent au niveau du tiers apical radiculaire où ils sont appelés canaux secondaires.

Ils sont peu fréquents en localisation plus coronaire et de même en regard de la furcation radiculaire à la différence de ce qui est souvent décrit chez l’homme.

Chez le chien on observe prés de 25 % de racine dentaire avec au moins un canal secondaire sur les carnassières maxillaires et mandibulaires, alors que seulement 2 % ne sont observés sur les canines et 0 % sur les incisives.

---------------

 

b. Le parodonte

Définition

Le parodonte est le tissu qui assure le soutien de la dent dans la cavité buccale.
Le parodonte est le lien intime entre une dent, son support osseux sous-jacent, la mâchoire et la muqueuse orale.

Le parodonte se développe en même temps que la genèse et l’éruption de la dent. Il se  résorbe avec la disparition de la dent.

Le développement embryonnaire du sac dentaire et de l’organe adamantin est l’origine du parodonte. Ils forment avec la papille dentaire le germe dentaire.
L’organe adamantin provient du développement de la lame dentaire (arc brachial 1), tandis que le sac dentaire provient d’une condensation ectomésenchymateuse sous-jacente (crête neurale). La formation de la lame dentaire signale le développement du germe dentaire sous la direction du tissu ectomésenchymateux sous-jacent.

La genèse embryonnaire du parodonte est mixte.
De ce fait la nature histologique de ses composants est  variée.

Le parodonte est composé de quatre tissus différents :
la gencive
le ligament parodontal
le cément
l’os alvéolaire.

La Gencive

Elle recouvre l’os alvéolaire et une partie de la couronne dentaire. La gencive attachée est démarquée de la muqueuse alvéolaire par un sillon appelé « ligne de jonction mucco-gingivale».

La gencive est composée de trois tissus :
- un épithélium oral
- un tissu conjonctif
- un épithélium de jonction

L’épithélium oral est squameux et kératinisé. L’épithélium recouvre la gencive jusqu’à son sommet appelé gencive marginale. A la différence, la muqueuse qui recouvre l’alvéole dentaire (muqueuse alvéolaire) est lâche, fortement vascularisée, et non kératinisée.  

L’épithélium oral Il recouvre un conjonctif fortement liée à l’os alvéolaire sous-jacent.

La gencive libre est la gencive coronaire à l’os alvéolaire. Elle délimite un espace clos avec la couronne dentaire encore appelé sulcus gingival. La partie interne du sulcus représente la paroi dentaire (émail, dentine ou cément) et la partie externe du sulcus est formée par l’épithélium oral sulculaire.
La profondeur du sulcus gingival peut être mesurée à l’aide d’une sonde parodontale. Suivant l’espèce et la race de l’animal on considère une profondeur de  sulcus physiologique comprise entre 0 et 2 mm. Le sulcus sur un parodonte sain est théoriquement de 0 mm.
La partie apicale du sulcus est constitué d’un épithélium dont la nature histologique se rapproche plus de celle de la peau : l’épithélium de jonction.
L’épithélium de jonction est physiquement attaché à la surface dentaire. Il est situé au niveau de l’émail, de la dentine ou du cément.

La hauteur de l’épithélium de jonction est de 1 mm.

L’espace biologique représente la hauteur physiologique de tissu séparant la gencive marginale de la crête alvéolaire. Cet espace mesure entre 2 et 3 mm.


Ligament parodontal

Il est composé de fibres de collagènes qui sont intimement liées au travers de perforations à  l’os alvéolaire et au cément.

Il contient des vaisseaux sanguins, des vaisseaux lymphatiques, des fibres élastiques  et de nombreuses cellules (fibroblastes, ostéoblastes, ostéoclastes, cémentoblastes, cémentoclastes, cellules mésenchymateuses indifférenciées…).

Il mesure en moyenne 0.25 mm de large



Cément

Il recouvre la racine dentaire.

Sa structure est semblable à celle de l’os, mais ne contient ni lacunes ni canaux. Il est donc plus dense que l’os.

L’apposition de cément se fait tout au long de la vie. Il joue un rôle très important dans les phénomènes de résorption  inflammatoire.



Os Alvéolaire

Il constitue la partie superficielle des mâchoires et assure au niveau de dépressions le positionnement des racines dentaires : les alvéoles dentaires.

A la différence de l’os Haversien, l’os alvéolaire se compose de quatre parties : périoste, corticale, spongieux et lame criblée.

La lame criblée est synonyme de lamina dura. Elle correspond à la ligne radio opaque observée en continuité autours de la racine dentaire.

La lame criblée est perforée en divers endroits et parcourue par des faisceaux vasculo-nerveux reliés au ligament parodontal.

L’os alvéolaire est sensible aux processus inflammatoires locaux ou généraux On observe  fréquemment des lésions de résorptions marquées.

Le turn-over de l’os alvéolaire est celui le plus rapide de l’organisme. Ceci explique l’apparition rapide de lésions en présence d’un déficit organique ou métabolique de  l’équilibre phosphocalcique.

Physiologie

Le tissu parodontal assure des fonctions qui sont associées à la digestion. Il garantie le maintien mécanique des structures dentaires et protège les structures anatomiques sous jacentes.

Le ligament parodontal amorti les pressions exercées sur l’os alvéolaire et l’os spongieux.  Ses fibres de collagènes facilitent la résistance mécanique aux pressions exercées par les dents. Pour un Berger Allemand,  la pression en traction mesurée au cours d’une séance d’attaque est de 450 N en moyenne (max. 800N) échelonnée sur des séquences de 1 à 2 par seconde.

La salive baigne littéralement la cavité orale et les dents. Elle est produite par les quatre glandes salivaires majeures ainsi que des glandes diffuses réparties dans la cavité orale.

La salive exerce une action mécanique en nettoyant l’épithélium de surface buccal. Elle  possède aussi des composants enzymatique et immunitaire antibactériens : peroxydases, lactoférine, lysozymes, IgA.
On estime à 100 billions le nombre de bactéries déversées chaque jour dans la salive. L’environnement buccal n’est donc jamais stérile. Cette infection persistante explique une forme d’inflammation permanente, résiduelle ou minimale observée au niveau du parodonte. Tout individu présente un sulcus gingival minimal autours des dents signe de l’inflammation à bas bruit.
Les antibiotiques et autres médicaments systémiques sont parfois excrétés voir concentrés dans la salive (ex. la spiramycine y est 2 à 3 fois plus concentrée que dans la circulation sanguine).

Les muqueuses de la cavité orale participent à la protection physique des structures sous jacentes.

La gencive attachée constitue une barrière essentielle aux agressions bactériennes.

La gencive marginale est littéralement plaquée sous un renflement de la couronne dentaire. Cette adaptation accentue l’effet protecteur de l’attache parodontale.

Le véritable point faible de cette « barrière » se situe toujours au niveau du sulcus gingival.
Le sulcus gingival est un espace fermé et propice à l’accumulation de la plaque dentaire. Sa structure histologique lui confère un statut perméable et donc sensible au processus inflammatoire en cours.
Le sulcus est baigné par un liquide physiologique qui est un exsudat provenant des capillaires gingivaux. Le fluide gingival contient de nombreux composants enzymatiques et cellulaires aux propriétés protectrices: leucocytes, complément, enzymes, IgM,  IgG,  IgA.

Le contrôle des maladies parodontales passe toujours par un contrôle de l’inflammation du sulcus gingival.

------------

 

c. La cavité buccale

En cours

 

d. La langue

En cours

 

e. Les glandes salivaires

En cours

 

end faq

 
joomla wellnessLorem Ipsum has been the industry's standard dummy text ever since the 1500s...
Heeey, this is poll in the drop-down menu?!